PIZZET - Forsa l'ultim on
«Certes, la tranquillité des vallées alpines isolées n’est supportable que lorsqu’on la choisit volontairement, est elle a aussi ses côtés menaçants. Pizzet est fortement imprégné de cette tranquillité. Les images parfaitement cadrées de paysage, ferme et hommes, que le caméraman Milivoj Ivkovic a composées, ne supportent pas les intonations bruyantes. Il faut du temps et de la patience pour attendre les phrases que les protagonistes, placés avec habilité dans l’image avec une intimité croissante, formulent soigneusement.
Le toponyme Pizzet signifie “ni grand ni petit“. Un domaine de montagne de cinq hectares et demi dans le Val Müstair, qui est exploité par un couple âgé. Pour une année encore, avaient-ils dit au début du tournage, et ils le répètent encore une fois à la fin, mais doucement, émus. Entre-deux, il y a la chronique des saisons. Un veau part chez le boucher, un autre naît. Il ne reste que quelques vaches à l'étable, qui depuis longtemps n'est plus tout à fait utilisée. Il a la visite de la fille et des petits-enfants, mais le couple ne trouvera plus de successeurs. Les enfants se sont décidés pour une ferme au Canada. des frères et soeurs passent, une fois encore on chante ensemble dans la pièce commune des parents, et on se place pour la photographie de groupe devant l'imposante bâtisse.
Ivo Zen sonde les racines du côté maternel de sa famille, avec curiosité, minutie et sincérité. Ses images, le film, sont ce qu’il restera de ce Pizzet et d’une forme d’exploitation qui touche définitivement à son terme.»
Pour ce film, je suis retourné sur les lieux préférés de mon enfance.
Pendant sa préparation je faisais de longues promenades et c’est là que j’ai commencé à réfléchir sur les noms des lieux. Avec la disparition des paysans les noms deviendraient orphelins. Ces noms qui sont issus de l’utilisation d’un lieu par l’homme, de l’influence de la faune et du climat. Ils sont les témoins de la chaîne de mémoire dans la nature.
Le printemps se souvient de l’hiver passé, doux ou froid, l’été du printemps, humide ou sec et l’automne, des heures de soleil de l’été. Jusqu’à ce que l’hiver, pour quelque temps, interrompt le cycle et la neige couvre les traces de la mémoire.