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Le voyage de Raja
Rajas Reise


Le commencement Karl Saurer P.V. Rajagopal Le prix de reconnaissance de la Ville de Freistadt
Le commencement

Le voyage aventureux d’un éléphant de l’Inde du Sud jusqu’à Vienne – une histoire d’une appropriation qui persiste encore.

Tout a commencé à Brixen, aux pieds du Brenner, où j’ai fait la découverte surprenante d’une image captivante: le fresque d’un éléphant indien majestueux aux yeux tristessur une façade d’un hôtel. Avant bien de siècles il y séjourna à la suite d’un épuisement. Quelles seraient les histoires qu’il pourrait nous raconter?

Dans le personnage de P.V. Rajagopal, un activiste indien formé par Gandhi avec un intérêt marqué pour d'autres cultures, j'ai trouvé un explorateur fascinant pour ce voyage particulier à travers les temps.

Karl Saurer

Karl Saurer

Biographie/Filmographie

Karl Saurer né 1943 à Einsiedeln
Auteur et directeur


SES FILMS

DAS KLEINE WELTTHEATER
(Documentaire, 1970 avec E. Keusch)

RUHE
(Documentaire, 1971/72, avec G. Camenzind et H. Meier)

ES DRÄNGEN SICH KEINE MASSNAHMEN AUF
(Documentaire, 1973, avec E. Keusch et H. Meier)

KAISERAUGST
(Documentaire, 1975, avec un groupe de Filmcooperative ZH)

TATORT LUZERN ODER WEM GEHÖREN UNSERE STÄDTE?
(Documentaire, 1975, avec G. Camenzind et C. Niederberger)

DAS BROT DES BÄCKERS
(Long Métrage, 197, avec E. Keusch)

DER HUNGER, DER KOCH UND DAS PARADIES
(Long Métrage, 1981/82, avec E. Keusch)

DAS UNBEHAGEN AN DER VERGANGENHEIT
(Documentaire, 1982, avec H. Meier)

HOLZ SCHLAEIKE MID ROSS
(Documentaire, 1991, avec F. Kälin)

KEBAB & ROSOLI
(Documentaire, 1992, avec E. M. Fischli)

DER TRAUM VOM GROSSEN BLAUEN WASSER
(Documentaire, 1993)

STEINAUER NEBRASKA
(Documentaire, 1997)

RAJAS REISE
(Documentaire, 2007)

P.V. Rajagopal

Un prénom, suivi de deux initiales : P. V. Rien d’autre. Rajagopal ne divulgue jamais son nom. « Cela reviendrait à révéler ma caste ; or, je refuse ce système », dit-il dans un anglais parfait, avec une légère pointe d’accent indien. Surtout, ne pas se fier à son ton doux : Rajagopal P. V., 58 ans, est un activiste redouté des hommes politiques indiens. En quelques années, sa voix rieuse est devenue celle de l’Inde oubliée.

Natif du Kerala, célèbre danseur de khatakali, un art traditionnel, il quitte la scène à vingt ans pour devenir ingénieur agricole. Il découvre aux hasards d’une tournée sur les pas de Gandhi les ravages de la modernisation : « Toute une frange de la société est mise de côté, dénonce-t-il, les paysans sont chassés de leurs terres par les multinationales qui rachètent les terrains à prix d’or. Les tribaux, ces aborigènes premiers habitants de l’Inde, doivent quitter leurs forêts, expulsés par un gouvernement qui préfère y aménager des parcs nationaux pour attirer les touristes. » C’est décidé : Gandhi luttait pour l’indépendance, Rajagopal, lui, se servirait de la non-violence pour davantage de justice sociale. Son premier coup d’éclat a lieu au début des années 1970, dans la vallée de la Chambal, au centre du pays. L’endroit est un repère de bandits : les dacoïts, ces paysans dépossédés de leurs terres, sortes de Robin des bois. Rajagopal les convainc de désarmer. Ils se constituent prisonniers en échange de terrains fertiles pour leur famille et d’une éducation pour leurs enfants. En une journée, 500 dacoïts livrent leurs armes. Un exploit. En 1991, il créé Ekta Parishad (Forum uni), une organisation qui rassemble tous les sans-voix de l’Inde, soit des millions de dalits (« intouchables »), paysans sans terre ou victimes de servitude pour dette. Il forme des activistes qui partent « conscientiser » les campagnes, créer des syndicats, etc.

Aujourd’hui, Ekta Parishad compte près d’un million de sympathisants. En bon disciple de Gandhi, Rajagopal organise chaque année des padyatra, des marches pacifiques de 300 km qui rassemblent des milliers de personnes. En 2003, par exemple, il marche dans le Chattisgarh, dans l’est du pays. Devant la foule déterminée, le gouvernement cède et octroie des terrains à 6 000 familles. La prochaine padyatra aura lieu en octobre 2007, entre Gwalior, une ville du Madhya Pradesh, et New Delhi. « Nous serons 250 000. Arrivés à New Delhi, nous jeûnerons devant le Parlement, jusqu’à ce que celui-ci vote une grande réforme agraire. » L’événement promet d’être aussi fondateur que la marche du sel de Gandhi.

http://www.ektaparishad.org

Le prix de reconnaissance de la Ville de Freistadt

Le cinéaste Karl Saurer, originaire de Suisse centrale, a reçu lors du 20ème festival «Der neue Heimatfilm», qui se tient dans la petite ville de Haute-Autriche du 22 au 26 août 2007, et qui présente sa nouvelle oeuvre «Rajas Reise», le prix de reconnaissance de la Ville de Freistadt. Ce prix est attribué à des cinéastes qui par un travail continu - souvent accompli en dehors des structures de production commerciales - se sont engagés pour le film consacré à un regard nouveau sur le pays dont ils sont originaires («Neuer Heimatfilm»).

http://www.local-buehne.at/festival/